C’est une route historique et emblématique dans la mémoire collective des Français. C’était la route de la liberté, celle des vacances : 996 km qui séparent Paris de Menton.
Elle réunit encore aujourd’hui les nostalgiques et les passionnés de voitures anciennes, qui revêtent des vêtements d’époque et recréent les fameux bouchons (embouteillages) qui se formaient dans les villages et faisaient partie intégrante du voyage.
Notre défi est de parcourir l’intégralité de cette route au cours de plusieurs voyages, en tenant compte du fait que, comme pour la Route 66 aux États-Unis, la modernisation du réseau autoroutier a entraîné la disparition de certains tronçons du tracé historique.

L’héritage de la route dans la culture gastronomique française est indéniable. La création du journal Les Routiers en 1934 racontait la vie difficile des camionneurs. Puis sont apparus spontanément des établissements où ils pouvaient manger, se sentir un peu chez eux et prendre une douche. C’est ainsi que sont nés les Relais Routiers.
Sur le plan gastronomique, la route nourrissait les travailleurs, les familles ouvrières comme les voyageurs plus aisés, chacun trouvant des établissements adaptés à ses besoins.
Une coexistence parallèle entre le Guide Michelin et les Relais Routiers connut son apogée avec le développement de l’automobile.
Les arbres, de précieux alliés
À la fin du XIXe siècle, plus de trois millions d’arbres avaient été plantés le long des routes de France, apportant une aide précieuse aux voyageurs à une époque où la climatisation n’existait pas. Ces arbres offraient un refuge lors des embouteillages prolongés, lorsque les familles organisaient des pique-niques au bord de la route et consommaient des produits régionaux, dont beaucoup étaient vendus directement sur le parcours. On mangeait en famille, on échangeait, on faisait ses achats : la route était un organisme vivant, fait d’expériences qui faisaient partie intégrante des vacances.
La création des autoroutes modernes a entraîné la fermeture de nombreux établissements, mais certains sont encore en activité. Des groupes de passionnés ont également lancé des projets de restauration et de sauvegarde, notamment autour d’anciennes stations-service.
La Route Gourmande
De grands noms ont écrit l’histoire de cette route : les frères Troisgros, Paul Bocuse, André Pic, Eugénie Brazier, Michel Chabran et Fernand Point ont créé des établissements devenus mythiques, récompensés par des étoiles Michelin. Deux restaurants, La Pyramide (Fernand Point) et Maison Pic (André Pic), sont toujours en activité aujourd’hui, modernisés mais situés sur le tracé historique de la route.
Cette génération de cuisiniers a contribué à l’essor de la Nouvelle Cuisine, une véritable révolution qui a profondément transformé la cuisine française.

On pourrait donc dire que la route a connu cinq grandes étapes au cours du XXe siècle :
- La première, celle d’une route du travail et du commerce.
- La deuxième, la période de la Seconde Guerre mondiale, avec l’occupation allemande et une période extrêmement difficile pour les régions et les villages traversés par la route.
- La troisième, avec l’essor de l’après-guerre : le développement de l’automobile, la transformation des vacances et de la vie familiale, ainsi que l’essor des Relais Routiers.
- La quatrième, celle de la modernisation des autoroutes et de la mort commerciale de la route. Sans circulation, il n’y a pas de commerce, et la route commence lentement à tomber dans l’oubli.
- Une cinquième étape, celle de la renaissance du patrimoine. Même si elle se distingue de la Route 66 aux États-Unis, que des voyageurs du monde entier rêvent de parcourir, la DN7 est une route marquée par une nostalgie locale, profondément française. Cependant, elle offre aussi une belle occasion aux visiteurs venus d’autres pays de la découvrir et de rencontrer cette France plus profonde, avec son histoire vivante, sa culture et sa gastronomie.
Et puis il y a ce langage universel de la route : voyager, avancer, découvrir des réalités différentes d’un kilomètre à l’autre, des paysages, des villages, des émotions ; vivre quelque chose que nous n’avons peut-être jamais connu nous-mêmes, mais qui éveille notre curiosité. Ne laissons pas disparaître ce patrimoine historique et culturel de nos pays. Il reste encore beaucoup d’histoire à parcourir. Et nous serons là.
Qu’avons-nous vu lors de cette première étape de notre parcours ?
45 km sur 996 : nous avons parcouru la zone entre Aix-en-Provence et Orgon. À Aix-en-Provence, on peut encore voir une station-service Total avec son ancien totem, qui appartenait à une version précédente de la station. En quittant Aix-en-Provence apparaissent les vignobles, les domaines viticoles, mais aussi des antiquaires installés en plein air.
À Orgon, sur les hauteurs, vous découvrirez la chapelle Notre-Dame de Beauregard. La commune possède également plusieurs musées. C’est ici que nous avons découvert le premier Relais Routier de notre parcours, le Relais des Fumades (voir article), qui propose également un hébergement hôtelier.
On trouve également le Camping La Vallée Heureuse, au cœur des Alpilles, adapté aux camping-cars et aux vans. Depuis Orgon part également l’itinéraire cyclable et pédestre La Durance à Vélo, qui parcourt la vallée de la Durance et passe par la Durancette.
Plus d’informations : https://orgon.fr/